Une multitude d'associations est actuellement concernée par une vague de répression de l'affichage libre menée par la municipalité de Lyon, avec de fortes amendes à la clef. Dans le même temps, l'affichage commercial envahit la ville en toute tranquillité. Nous soutenons bien entendu ces associations et le collectif qu'elles ont créé dans le but de faire valoir le droit à la liberté d'expression. Nous vous adressons ce texte, rédigé par le collectif, et vous invitons à le diffuser largement.

Pour soutenir l'affichage libre, n'hésitez pas à écrire à cette adresse afin d'exprimer ce que vous pensez de la situation :

gerard.collomb@mairie-lyon.fr




La mairie de Lyon s'attaque une fois de plus à l'affichage libre, notamment à la Croix Rousse. Une grande campagne d'hygiènisation est mise en place, ainsi qu'une brigade "environnement et propreté". Les enquêtes se succèdent, les amendes pleuvent (y compris, fait quasi-inédit en France, pour des affiches simplement posées au scotch) sur des associations fondées essentiellement sur le bénévolat et des rapports non-marchands.

Tandis que la Ville se vante du « potentiel créatif » lyonnais pour décrocher le titre de « Capitale Européenne de la Culture 2013 », elle s'attache à détruire méthodiquement toute la culture associative, militante et artistique.

Précisons que cette campagne ne fera pas disparaître l'affichage en général, puisque les grosses structures intègrent désormais ces amendes dans leur budget. Nos élus le savent : le zèle des « brigades vertes » n'empêchera pas nos murs d'être recouverts d'affiches pour Johnny Hallyday ou pour des marques de parfum. Cette acharnement vise donc UN type d'affichage, spontané, informel et mène une guerre sans répit aux pratiques qu'il promeut, des pratiques fondées sur l'échange, la culture et la solidarité plutôt que sur le fric et le consumérisme individualiste.

Qu'on cesse de nous parler de la poignée de panneaux municipaux, cyniquement nommés "affichage libre", monopolisés par les grandes boîtes de production d'évènementiel.

Qu'on cesse de taxer nos affiches de pollution visuelle alors que nos élus municipaux offrent sur un plateau l'espace public lyonnais à JC Decaux.

Qu'on cesse, au nom d'une pseudo écologie urbaine, de nous accuser de « salir » la ville alors que le mobilier urbain est tout dédié à la promotion de la bagnole et à l'apologie de la surconsommation.

Une fois de plus, la mairie de Lyon nous offre une belle leçon sur nos droits fondamentaux conforme à notre époque liberticide.

Il nous semblait pourtant que lorsqu'on a pas accès aux grands médias, la liberté d'expression commence avec le droit de pouvoir écrire sur un bout de papier et de le coller sur un mur. Mais apparemment, elle vaut autant qu'une crotte de chien et moins qu'une pub pour un déodorant.

Il nous semble également que la richesse et la diversité de la vie culturelle lyonnaise ne dépendent pas d'un titre pompeux, mais de l'activisme quotidien d'une multitude d'individu-e-s et collectifs aujourd'hui gravement et injustement pénalisés.

Où voulons nous vivre ?

Dans une ville artificielle, aseptisée, taillée pour les dépliants touristiques ?

Dans espace public abandonné aux marchands ?

Nous, collectif d'associations, d'individu-e-s et artistes pour l'affichage libre réclamons l'arrêt immédiat des enquêtes, l'annulation des amendes et, surtout, continuerons d'afficher LIBREMENT.

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