Bien qu'aujourd'hui encore en cryostase, le webzine grrrndzero est toujours là. Il reprend des forces et pourra bientôt battre la campagne comme un fier animal béat courant après ses nouvelles passions éphémères.

La section imagerie rassemble principalement les vidéos de concert de concerts passés. Le plan est de développer un peu cette zone. Qui sait la webdoc-fiction-témoignage-interactif-big-data sur la vie quotidienne de Grrrnd Zero « Tout pour La Cause rien pour les Autres - saison 1 : Crust beer et lingerie fine » sortira peut-être un jour. Et pourquoi pas un live stream de nos sessions cuisine ou du chantier ?

On va essayer de rassembler des liens à la cool dans cette section là aussi. Des sites qu'on aime bien, des projets qu'on jalouse, des trucs à lire à notre place, des images rigolades, ce genre de choses là.  

Les archives chaos sont les archives de TOUT le site depuis les début de gz, par ordre de publication.
Quelques trucs se sont peut-être perdus entre les différentes version du web, mais sinon on archive méthodiquement et tu peux tout explorer.

 

 

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seb radix top of the pops

seb radix tapes sized


Vous n''êtes pas sans savoir que pour calculer l'âge de votre chien, il faut à peu près multiplier par 7 s'il n'est pas très gros. Le dieu du world wide web étant plus cruel que celui de nos amis à trois ou quatre pattes, une journée vaut dix ans pour un Post Internet, et ce quelque soit son poids, sa taille et son pedigree. Naguère encore rose et joufflu, plein de promesses, il portait tous les espoirs de son/sa rédacteur/trice. Deux heures plus tard le voilà déjà post-hype; au bout de trois jours, franchement démodé ; et quand il a une semaine, il ressemble à ces vieux qui rabattent leur unique mèche de cheveux sur une calvitie bien consommée. Mon avant dernier post (en dessous, déjà si loin) ayant glabougné une semaine dans les limbes de l'intertube, secteur Annonciade, est pour ainsi dire mort-né.

A l'heure qu'il est mon futur mari (a.k.a. Orval Carlos Sibelius pour ceux qui avaient raté l'épisode précédent) fait déjà l'objet d'appels d'offres internationaux pour des mères porteuses histoire d'assurer sa descendance (et quand Sean de Said the Gramophone dit "Let's get him laid", on obéit) et ça va marcher parce qu'il a trop la classe.

Mais point d'aigreur ni de mauvaise nostalgie pour un passé jamais connu : tournons nous résolument vers l'avenir et ce qu'il nous promet de plus réjouissant, à savoir la cassette de Seb Radix.


J'en entends déjà qui rouspètent en trépignant sur leur tabouret "qu'est ce que c'est que cette histoire d'avenir, la cassette ça fait au moins quinze jours qu'elle est sortie, même qu'elle est trop belle, que le livret est trop bien et que dessus y a quasiment tous ses tubes qui se trouvent être aussi nos chansons préférées du moment et en plus en face B y a une compil' qui déboite de 45 tours de goût."
A ceux là, je n'ai rien à rétorquer.
Je ne saurai cependant trop encourager les autres à télécharger fissa cette face 1 car je les aime bien et ne leur souhaite pas une minute de plus dans ce monde hostile sans l'harmonica de (you think) I'm Dead, la mélodie d'Ashtray, et le punk furieux de Johnny Weissmuller. J'arrête là parce que si je cite toutes celles que j'aime ça va ressembler à la tracklist et vous aurez plus de surprises. Seb Radix ce n'est pas seulement un sens du tube modeste et génial, c'est aussi des textes dadas d'une beauté fulgurante. Jugez plutôt : "I got chinese noodles around my lucky ass". Un petit bijou d'Art Brut.


downloadcoderadix

Télécharger la K7, la pochette et le livret


Maintenant que votre âme est sauvée, vous pouvez désormais verser la modique somme de 3 euros à Monsieur Radix (je sais que c'est les soldes, mais là c'est carrément du gros rabais à prix sacrifié, si j'étais son manager ça se passerait pas comme ça) afin d'acquérir le bel objet et tous ses accessoires (notamment un livret-zine qui dévoile tous les secrets derrière les énigmatiques hits : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les Rhâââ Dicks sans jamais oser le demander). A défaut d'emmener Madame à Courchevel ou d'envoyer ses enfants à Sup de Co, espérons au moins que ça lui permette de produire sa prochaine cassette.

C'en est fini du TéléAchat pour aujourd'hui, je reviendrai quand j'aurai un nouveau truc super à vous vendre.

telech

I used to be so cool when we were young


Je n'ai jamais été particulièrement portée sur le mariage, pourtant ces temps-ci j'ai envie de célébrer publiquement mon amour pour un label, un chanteur et un tube. La mairie de Lyon ayant accueilli ma requête avec un certain scepticisme, nous convolerons sur ce site - le Vegas des passions musicales.


Clapping music - label héroïque : Yeti Lane, Karaocake, François Virot & Friends, Ramona Cordova, Konki Duet (...) c'est eux - a réussi le tour de force de sortir l'album de l'été sans Hadopi.


{vimeo height="300"}24610131{/vimeo}


Orval Carlos Sibelius (ex-Snark, ex-Centenaire), quand il ne brise pas le coeur de sa mémé dans une maison de retraite, écrit en toute discrétion des pop-songs parfaites du fond de sa cabine de projectionniste de l'espace Saint-Michel, entre deux bobines. Vous l'avez peut-être vu à la Bandit Dance à Lyon le 4 juin dernier où, bien entouré d'un batteur et d'un bassiste à l'allure de jeunes premiers, il enfilait les hits comme si de rien n'était. Malgré les crises d'hystérie, le chantage et les menaces de fans éperdus, la moitié de ces tubes ne sortira que dans quelques mois, passage entre les mains du producteur/magicien Domotic oblige. L'autre moitié, Recovery Tapes, est à vous pour le prix d'un paquet de clopes ou d'un milkshake au caramel sur bandcamp. (Que les fétichistes du sillon se rassurent, d'ici quelques jours le vinyle 10 pouces sera également disponible sur le site du label, profitez en pour vous procurer son premier Disque Compact, s/t, bande de pervers).


Normalement à ce stade vous avez déjà sorti votre visa électron et vous tournicotez comme des canards sans têtes dans l'attente du prochain disque/concert. 

Pour ma part, je lui ai même érigé un autel au centre de mon salon. Vous n'imaginez pas le temps nécessaire et l'ingéniosité déployée pour la réalisation de ce montage photo :

orvaltaille


Mais je vois encore quelques sceptiques, au fond à droite, qui exigent des preuves du génie. Soit.


1. Après des tests très sérieux effectués auprès de stagiaires sous-payés mais motivés, nous sommes en mesure de vous confirmer que la chanson d'ouverture I Don't Want a Baby peut s'écouter plus de 300 fois sans lassitude. Les effets secondaires peuvent inclure balancements de tête, sautillements intempestifs et sing-alongs : "My life is a failure, I may have a cancer" "lalalalalalalalaaaaaa". Vous avez dit tube de l'été ?

2. Ecoutez Recovery Day à l'aube, je vous jure qu'on entend Nico dans les vocals.

3. Le reste du disque ressemble à ce qu'auraient pu écrire les beach boys qui, un peu high, chilleraient en mode post-surf à la frontière mexicaine

Un rédacteur plus compétent doté d'une culture musicale décente vous aurait sans doute cité pleins d'autres références alléchantes mais c'est moi qui m'y colle, alors faudra vous contenter de ça.

En résumé,


Orval Carlos Sibelius - I Don't Want a Baby

Orval Carlos Sibelius - Recovery Day

Orval Carlos Sibelius  - Dead Slug



 OUI, JE LE VEUX


 

williamsburg, lunettes et tatouages


Un tel titre peut donner envie de lever les yeux aux ciel, mais au-delà des poncifs qu'elle semble déployer, cette vidéo est une rafale, une bourrasque, une tempête dans ta bouche, plus fraîche et assainissante que dix dragées de freedent white.


Il s'agit de Hubble, le projet solo de Ben Greenberg, guitariste dans les balèzes Zs et Pygmy Shrews.

 





Vsyo Idyot po Planu

alt

Dans la Russie soviétique, l'auto-édition et la distribution sous le manteau de manuscrits interdits portait un nom : le samizdat.·
La plupart des textes distribués étaient reproduits à la main, sur papier carbone, ou simplement dactylographiés. La lecture en était difficile, vu la qualité des copies,et le faible espacement entre les lignes utilisé pour gagner un maximum en place.

Cet ensemble de pratiques n'aurait pu fonctionner sans l'existence d'un réseau informel d'individus dissidents, bien souvent confrontés à une féroce répression·et à la peur quotidienne de se faire gauler.
En effet, les machines de duplication étaient sous contrôle de l'État. La possession de l'une d'entre elles vous valait un contrôle serré, et le fait de mettre en circulation ou de posséder un samizdat suffisait pour vous condamner à une dégradation sociale, l'asile, ou les camps.

La possession de matériel d'enregistrement analogique n'étant pas considérée comme illégale à l'époque, des activistes DIY (on pense par exemple à Yegor Letov, du groupe Grob, ou· sa camarade Yanka Dyagileva, icône punk-folk dont nous vous offrons un morceau un peu kitsch: cliquer ici)· contournèrent alors la censure en inventant le magnitizdat, une pratique proche de celle du bootleg, qui consiste à reproduire et distribuer soi-même des cassettes audio non-disponibles dans le commerce. On vit circuler à l'époque aussi bien des k7 contenant des lectures de textes anti-soviétiques que des enregistrements de musiques non-autorisées par l'appareil bolchevique.

Bien sûr à l'Ouest en 2011 le contexte n'est pas le même. Nous vivons dans des sociétés de démocratie numérique où la liberté d'expression toute relative et l'existence de l'internet "libre" nous autorisent une certaine marge de manoeuvre. Nous nous débattons avec d'autres formes d'aliénations, qu'il s'agisse d'auto-censure, de manque d'imagination ou d'une saturation liée au flux considérable d'informations que nous reçevons chaque jour. Nos tentatives de faire vivre certaines formes d'expression plus ou moins artistiques hors des logiques du profit, de l'efficacité, des stratégies marketing n'en sont pas moins les héritières directes des ces pratiques de survie en milieu hostile. Réutiliser de vieilles K7 ou ripper un album pour le faire circuler, créer un micro-label pour distribuer la musique bizarre de ses potes, organiser des concerts pour lesquels le prix d'entrée reste modeste, sans vigiles, où toute sortie n'est pas définitive, fabriquer soi-même son fanzine ou sa BD à peu d'exemplaires, tout ce réseau dense de pratiques contribue à maintenir vivante la possibilité d'autres formes de transmission culturelle que celle des gros tuyaux indifférenciés du mainstream.·

Le 11 juillet au soir, on cherchera alors, en tâtonnant et bricolant avec des bouts de ficelle, à célébrer et se rencontrer autour du DIY, et de l'idée d'une musique pas forcément militante, au moins en rupture avec l'ordre établi.
Les trois individus qui joueront ce lundi s'inscrivent, chacun à leur manière, dans cette dynamique :

PINK REASON, c'est le projet/monstre de Kevin Failure. Il a grandi en Sibérie à une époque pas super sympa pour ceux qui sortaient du rang. C'est lui qui a inspiré cette dérive sur la notion de samizdat, en évoquant la question au détour d'une interview. Kevin vient du punk, mais PINK REASON, sur disque, c'est une musique sombre, lo-fi, enregistrée sur du matériel cheap, qui documente sa vie, ses questionnements, ses évolutions. Souvent en solo, plus rarement en groupe en mode punk-hardcore, parfois sous l'effet de drogues, Kevin Failure crée d'étranges paysages hantés, des chansons simples et frappantes, psyché, pleines de reverb, chantées d'une voix égale, qui ne s'écoutent pas forcément tôt la matin avant de commencer une journée chargée. Il jouera seul et ce sera une bonne occasion de savoir ce que ça fait de le voir avec un public autour, quand on a passé tellement de temps à l'écouter seul dans le noir.
Il vient de sortir son deuxième LP, Shit in the Garden, sur le toujours excellent label Siltbreeze.

Une vidéo solo (il joue plutôt en groupe sur scène d'habitude), avec une reprise de Agent Orange, et Borrowed Time, excellente :

http://vimeo.com/2955055

Deux Mp3 :

Sixteen Years, une ballade presque enjouée, sur Shit in the Garden LP (2011)


Up The Sleeve, une marche funèbre alcoolisée, sur Cleaning the Mirror LP (2007)


CIRCUIT DES YEUX est le véhicule de Haley. Elle aussi est seule sur sa chaise. Avec des pédales, une guitare, peut-être d'autres trucs. Ce qu'on connaît d'elle, ce sont deux LPs, Symphone et Sirenum, et une paire de 7" sortis notamment sur le label De Stijl, remplis de nuages soniques crépitants enveloppant des mélodies inquiétantes, des échos de l'angoisse et de l'ennui d'une jeune personne trafiquant des bandes et des boîtes à rythme basse définition dans sa chambre dans une maison familiale d'une petite ville paumée de l'Indiana. Un peu indus. Un peu goth. Physique. De quoi vous faire oublier le soleil qui brille un peu trop fort. Parfois, on dirait Zola Jesus en beaucoup moins bouffi, d'autres fois ça me fait penser à Jandek, ce barde folk-noise fou qui a sorti mille disques ou presque. Depuis, elle a changé de ville pour aller étudier les techniques d'enregistrement et l'ethno-musicologie, sorti un nouveau· 7" et un nouvel album, qu'on a pas entendu. Il semble que le son ait évolué sensiblement, on attend de voir.


Un set de 20 minutes pour constater qu'en 2009 déjà, c'était bien la tétanie :

http://vimeo.com/5185312

Des Mp3 : 
Calling Song, tribale, flippante, sur Sirenum LP (2009)

Indian Orphan, chanson douce mais bon, sur Fruition 7" (2009) 

Folk, comme son nom l'indique presque, sur Symphone LP (2008) 




ANTEZ vient de Grenoble. Il proposera "Continuum", une pièce solo fascinante, et pour le reste le mieux c'est de le laisser s'expliquer :
"Les continuums sont des pièces pour percussions frottées. Ils se caractérisent par l'émission de sons acoustique, produits par mes seuls gestes. J'ai premièrement utilisé des cymbales, mais je me suis rapidement mis en quête de toute sorte d'objets, souvent de récupération et de compositions différentes; parfois il subissent quelques transformations, me permettant de continuer de développer ce travail sur la matière sonore et le geste.
Les Continuums ont des textures sonores inhabituelles, elles échappent aux registres traditionnels de la percussion. Elles testent les limites de notre perception des infra aux ultrasons en jouant des déphasages de fréquence. Elles s'immiscent dans l'intimité de la matière par le biais des micros sons et nous confrontent à une saturation auditive par celles de la densité du bruit.
De par leurs flux sonores et de ceux qu'elles nous donnent à voir, elles évoquent autant la retenue que le dépassement, l'immersion et l'intemporalité."

une vidéo :

http://www.antez.org/limitis.html

pour écouter :

http://www.antez.org/continuum.html
 

les chips


Un peu de Doo Wop des années 50, ça ne fait jamais de mal. 
Voici donc Rubber Biscuit, par un groupe qui avait choisi de s'appeler, quand même, Les Chips. Un hommage direct à cet aliment noble, utilisé comme moyen de subsistance principal par au moins un des membres de l'équipe de Grnd Zero.

The Chips - Rubber Biscuit 

 
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slap sucks !

diploma


Eh oui, tout le monde le pense, mais personne ne le sait. En vérité, je vous le dis: Contrairement au titre ci-dessus, non, le slap ça ne craint pas. C'est juste tellement ringard que c'est la honte de dire qu'on aime, c'est comme la moustache, les vélos à pignon fixe ou les t-shirts avec des loups ou des otaries dessus, c'est trop cool mais t'as l'air tellement con fringué comme ça... Le slap qu'est-ce que c'est? c'est une technique de basse, aparement inventé par Larry Graham (le bassiste de Sly & and the family stone, il passe à Jazz à Vienne cet été avec son groupe, Graham central station, j'me tâte...), quoique j'vais aller vérifier sur wikipedia parce que je sais que la vérité ne se trouve pas ici-bas... bref, on tape et tire les cordes à la manière du slap de la contrebasse, et ça fait un effet, bref, disons que ça met en avant la basse sur certains passages, et c'est bien sûr plus ou moins bien réussi selon la musique, les passages, etc...


Eric Serra qui slappe dans Subway, c'est dégeu, mais Mike Watt qui slappe dans Firehose, le groupe qu'il a fait avec George Hurley après les Minutemen, sur "what gets heard" (sur Fromohio), un morceau plutôt inspiré, ça passe tout seul. L'intro est juste bluffante, et le reste du morceau est tout simplement un autre morceau de Firehose parmi tant d'autres. Quoi? y'a du slap dessus? Ah ouais, c'est vrai, mais bon, vous allez pas faire les fines bouches, j'vous ai vu boire de la graffenwalder à Grrrnd Gerland ! Je sais dans quel état est votre palais !

Brian Ritchie, qui nous déballe toute son inventivité technique sur une reprise de Sun Ra avec solo de saxo, xylophone, en plein milieu d'un album, bah, tout aussi étrange que cette reprise, ça se boit comme du petit lait. L'intro fait flipper, c'est sûr, mais entre les paroles un peu surréalistes (it's a motherfucker / don't you know / they're talkin about / a nuclear war) et l'ambiance funk expé de ce morceau, on a le droit à de l'avant garde, ou en tous cas, à une bonne surprise musicale. Avec ou sans slap, le résultat aurait été le même...

Plus frais, les Senseless Things. Le bassiste se la donne grave sur un morceau aussi classique que leurs autres morceaux, c'est à dire du Mega City Four en version fm. J'avoue, j'ai jamais réussi à rejouer cette ligne ni même à savoir comment il faisait... La question que je me pose est surtout : qu'est-ce qui est le plus honteux ? Ne pas y arriver ou avoir essayé de la jouer? Mais non, je n'ai pas honte et vous n'avez pas à avoir honte d'aimer, comme moi, ces morceaux. Assumez-votre slappisme ! Vivez votre bassisme primaire fiérement !
A ce propos, après vérification, le slap a bien été inventé par Larry Graham, pour pallier au manque de rythmique des répèts sans batteur (quel bande de cons ces batteurs !) et la fin l'article de wikipedia se termine par un lien vers la vidéo d'Eric Serra qui slappe dans "Subway"....


Firehose -  what gets heard


Brian Ritchie - Nuclear war

Senseless Things -  Got It at the Delmar

Revenge of the carrots


Revenge of the Carrots
était un groupe de punk hollandais, originaire de la région de Zaan (zone très fortement industrialisée, où fleurirent les squats à la fin du vingtième siècle et d'où vient également The Ex).

Ils n'enregistrèrent qu'un 45 tours éponyme, en 91, édité par Konkurrel. On peut se désoler de cette anorexie discographique, ces trois chansons étant assez secouantes et inspirées.
Leur guitariste, Pim, jouait aussi dans les très bons Donkey, et montera par la suite The Bent Moustache et De Kift (avec Marco, le chanteur de Revenge of the Carrots).


Un tube :

Revenge of the Carrots - Human

Pour télécharger le 45 tours en entier, il suffit de cliquer ici.



1917

ps : Un grand merci à Pif, notre spécialiste en obscureries 90's, pour m'avoir fait découvrir ce groupe.


Pas facile facile


Dans les années 80, le groupe Dur Dur connut son petit succès à Mogadiscio, Somalie. En plus de porter un nom parfait (franchement si j'étais dans un groupe je voudrais qu'on s'appelle comme ça), ces gens-là ont sorti un chapelet de chansons superbes, perdues quelque part entre l'afro-funk, le raï, la pop psychédélique, le couplet religieux, et le générique bollywoodien. Un mélange somme toute assez typique de cette région du monde (Somalie, Ethiopie, Érythrée, Djibouti), puisqu'on n'est plus tout à fait en Afrique, et pas encore en Arabie ou en Inde, mais presque, si on vérifie deux secondes sa mappemonde.

Et c'est quand même mieux que Gang Gang Dance :

Dur Dur - waxla aaminaan jirin, "nul à qui faire confiance" (je préfère mettre les traductions* sinon on dirait des noms de médicaments et on risque de ne pas avoir envie de cliquer dessus)

L'intro de celui-ci nous téléporte directement à la terrasse d'un hôtel décati, à l'heure où s'éveillent les moustiques et où le soleil couchant est de la même couleur que mon fanta:

Dur Dur - saafiyeey makae samraayee, "oh Saafi ! je ne te laisserai pas partir"

du funky :

Dur Dur - rag kaleeto maa kuu riyaaqayee, "d'autres hommes t'admirent-ils?"

une touche de reggae :

Dur Dur - ma hurdee, "je n'arrive pas à dormir"

Heureusement que j'aime ce groupe parce que ça a été relou de recopier les titres sans faire de fautes.

super éléphant
*traductions trouvées sur Likembe (http://likembe.blogspot.com/), blog très étoffé sur les musiques africaines.

Dance Music Afro Futuriste


Certains de nos décideurs auraient tendance à penser et  affirmer (confère, ne suivez pas mon regard, Notre Président à Dakar en 2007) que l'Homme africain (je savais pas qu'il n'y en avait qu'un), selon la bonne vieille tradition post-coloniale décomplexée à la française, vivrait dans un temps pré-moderne, qu'il ne serait jamais réellement entré dans l'Histoire, tout à son éternelle répétition d'un présent englué dans une tradition contraire à l'idée même du progrès.

Ouais.

La compilation Shangaan Electro, sortie voilà quelques temps déjà par le délicieux label anglais Honest Jons, représente une chouette occasion parmi d'autres de clouer le bec aux guignols racistes incapables de se représenter un horizon culturel différent de l'hégémonie occidentale en vigueur. Le peuple Shangaan, ou Tsonga, qui représente une population d'environ deux millions d'individus a historiquement vécu dans une aire s'étendant du Sud du Mozambique au Nord de l'Afrique du Sud, mais beaucoup d'entre eux vivent et travaillent aujourd'hui dans les townships de Johannesburg.


La compilation qui nous occupe regroupe et propose une sélection de morceaux produits par une figure centrale de la scène, Nozinja (qui joue également sous le nom de Dog). Producteur donc, sorcier de studio, dénicheur de talents, chanteur, s'occupant d'un label qu'on pourrait qualifier de DIY (il grave et sérigraphie lui-même ses sorties), le bonhomme a plus d'une corde à son arc.


Il suggère à travers ses productions un nouveau langage pour le shangaan en tant que genre musical : en remplaçant la guitare et la basse jouées live par les sons de synthétiseurs Casio réglés sur le preset marimba, en les calant sur des boîtes à rythmes palpitant à plus de 180bpm, il propose une musique qui déferle frénétiquement sur l'auditeur et invite à remuer son postérieur à des vitesses démentes, s'invitant dans la vague mondiale des musiques de dancefloor plus-rapide-que-moi-tu-meurs, du Kuduro au Uk Grime en passant par le Baile Funk.


La musique rappelle également par moments la fin des 70's/début des 80's à New-York, quand la pop prenait des inflexions africaines, s'appropriant le punk et le dub. On pourra penser aux productions d'Arthur Russell, ou à celles du Brian Eno et David Byrne au temps des Talking Heads, elles-mêmes fortement influencées par une écoute attentive de musique traditionnelle africaine.


Il semble que l'intense circulation des flux musicaux à l'échelle mondiale évoquée ici vienne contredire, d'une certaine manière, les théories réactionnaires évoquées en début d'article. Et il n'est finalement pas étonnant que la dance afro-futuriste Shangaan semble célébrer un certain retour à la tradition via l'usage de nouvelles technologies, et celui d'un minimalisme amplifié qui résonne à travers tous ces paysages sonores.


Le 22 juin, donc, on pourra venir se décrocher les hanches à Grnd Gerland en compagnie de Nozinja l'entremetteur et chanteur, des intrigants clowns-danseurs les Tshetsha Boys (voir vidéo), de certains des danseurs Shangaan les plus rapides et du producteur de kwaito/house et complice de Dog, DJ Spoko.


C'est pas vraiment un concert habituel pour le lieu, alors on est bien excités comme des puces de vous proposer cette date.

(largement inspiré de la chronique du disque parue dans le numéro d'août 2010 de Wire, excellent périodique anglais évoquant les musiques intellectuelles et sophistiquées. )

+++

Une petite démonstration de danse des Tshetsha Boys :

 

{youtube width="425" height="349"}ZFXEZeVgmCg{/youtube}

 

L'un des gros tubes parmi les tubes de la compilation :


{youtube width="425" height="349"}IXE6_j1N7o8{/youtube}


La page du label concernant le disque, avec une explication de Nozinja (en anglais) : http://www.honestjons.com/label.php?pid=36711

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