Bien qu'aujourd'hui encore en cryostase, le webzine grrrndzero est toujours là. Il reprend des forces et pourra bientôt battre la campagne comme un fier animal béat courant après ses nouvelles passions éphémères.

La section imagerie rassemble principalement les vidéos de concert de concerts passés. Le plan est de développer un peu cette zone. Qui sait la webdoc-fiction-témoignage-interactif-big-data sur la vie quotidienne de Grrrnd Zero « Tout pour La Cause rien pour les Autres - saison 1 : Crust beer et lingerie fine » sortira peut-être un jour. Et pourquoi pas un live stream de nos sessions cuisine ou du chantier ?

On va essayer de rassembler des liens à la cool dans cette section là aussi. Des sites qu'on aime bien, des projets qu'on jalouse, des trucs à lire à notre place, des images rigolades, ce genre de choses là.  

Les archives chaos sont les archives de TOUT le site depuis les début de gz, par ordre de publication.
Quelques trucs se sont peut-être perdus entre les différentes version du web, mais sinon on archive méthodiquement et tu peux tout explorer.

 

 

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Nous relayons le communiqué et l'appel à manifester des Tanneries à Dijon

🔴 Surveillance policière : des caméras découvertes aux Tanneries et aux Lentillères.

👊 Appel à rassemblement le 18 février 2023

#StopSurveillance

Nous, usagèr·es de l’espace autogéré des Tanneries et du Quartier Libre des Lentillères, dénonçons la surveillance policière illégale dont nous avons fait l’objet durant plusieurs mois.

Les faits :

Deux dispositifs de vidéosurveillance camouflés dans des boîtiers accrochés au sommet de poteaux électriques ont été découverts au mois d’octobre 2022. Ils pointaient vers des accès aux Tanneries et aux Lentillères et permettaient de filmer les rues, les zones de parking et les entrées piétonnes des lieux d’activités et de résidence. Ces appareils étaient composés d’une caméra à globe orientable et d’une antenne de transmission des données, ils étaient alimentés par le biais du poteau électrique. Passé le premier moment d’incrédulité, des recherches ont permis d’attester une surveillance de longue durée.

Des photos privées et de google street view permettent d’attester la présence de telles caméras depuis au moins 2019, sur des périodes de plusieurs mois.

Après la découverte du dispositif situé au fond de l’impasse des Tanneries, celui situé devant les Lentillères (rue Amiral Pierre) s’est volatilisé sous l’action d’un groupe d’intervention envoyé par les services de renseignement.

Nous sommes choqué·es de nous retrouver dans un mauvais film d’espionnage, mais nous ne sommes pas surpris·es. Alors que la vidéosurveillance se banalise dans l’espace public sous prétexte d’insécurité, le ministère de l’intérieur étend son usage sous une forme camouflée, illégale, ciblée. Si l’un comme l’autre nous révolte, la surveillance discrète et illégale durant plusieurs mois de l’ensemble des allées et venues de plusieurs centaines de personnes, habitant·es, voisin·es, public et usagèr·es est un pas de plus vers un monde où chaque fait et geste est soumis au regard policier.

Dans les lieux que nous faisons vivre, les activités politiques et les oppositions qu’elles font naître dérangent le pouvoir en place. Si nous en sommes conscient·es, rien ne peut justifier pour autant ces pratiques d’espionnage et d’intrusion au cœur de nos organisations politiques et dans l’intimité de nos vies. Être filmé·e à son insu constitue une véritable violence, de même que de savoir ses déplacements du quotidien auscultés, des moments intimes observés, la vie de tous les jours sous le regard de la police.

Et la suite alors ? Des perquisitions pour découvrir une bouteille d’acétone comme preuve irréfutable d’explosifs en cours de préparation ? Une pompe à vélo en guise de matraque ? Nos bibliothèques renversées pour mettre la main sur un livre d’histoire de la révolution zapatiste ?

Tout ceci cadre bien avec le glissement actuel opéré par le gouvernement qui tend à transformer toute opposition à ses politiques en opération criminelle, en association de malfaiteurs, en « éco-terrorisme ».

Au cours des dernières années, les tentatives du pouvoir de monter en épingles différentes « affaires » se sont répétées : la plus récente et emblématique est celle de Bure et d’une supposée association de malfaiteurs qui a permis durant des années l’espionnage de militant·es, a produit 16 années d’écoutes cumulées, 85 000 conversations interceptées et 29 personnes et lieux mis sous écoute, pour qu’au final toutes les personnes inculpé·es soient relaxé·es du chef d’inculpation d’association de malfaiteurs.

Nous communiquons pour dénoncer ces pratiques, pour les rendre visibles et pour la défense de libertés sensément acquises, et toujours plus menacées. Nous pensons que c'est aussi l'occasion de rassembler les témoignages des personnes et collectifs ayant fait l'objet de surveillance durant ces dernières années. Contactez nous !

Toute opposition à la marche d’un monde qui fonce droit dans le mur est surveillée. Le but est-il de faire peur ? De briser des solidarités ? De nous décourager ?

Quoiqu’il arrive, nous sommes prêt·es à répondre à toute tentative de criminalisation de nos collectifs, médiatiquement, juridiquement et politiquement.

Nous ne nous laisserons pas intimider !

Nous continuerons à construire et faire vivre d’autres voies vers l’autonomie !

Et puisque notre monde est bien plus beau et plus joyeux que le leur, nous vous invitions à un rassemblement festif et un bal masqué contre l’espionnage de l’État envers ses opposant·es politiques.

Venez masqué·es sur le thème de la lutte contre la surveillance le 18 février 2023 à Dijon !

Contact : stopsurveillance@riseup.net

Tel presse : 07 58 57 02 80

 

source : https://www.facebook.com/les.tanneries/

site des tanneries : https://tanneries.org/

Keep Smiling encore

Si nous tenons à relayer l'appel à soutien de Keep-Smiling, c'est que nous partageons à coeur des valeurs telles que la convivialité, la musique et la fête par et pour celles.ceux qui la font, le respect de soi et des autres dans leurs différences, l’entraide et la bienveillance en général, une recherche de la décence humaine dans nos pratiques ...

 

Alors que la lutte contre les violences sexuelles et sexistes reste perpétuellement à recommencer, entretenir et poursuivre au long terme, et dans un contexte de répression accrue des free-party l'existence d'une association comme KS nous semble vitale. La suppression de leurs subventions et les conséquences qu'elle engendre nous paraissent pour le moins préoccupantes.

 

Depuis des années Keep Smiling fournit présence et matériel d'autosupport dans d'innombrables soirées, notamment mais pas uniquement, dans celles où s'expriment critique et méfiance envers des modes descendants de gestion de la fête, préférant à la place une autogestion et une autoresponsabilisation des publics par elles.eux mêmes.

 

Si elle peut avoir ses limites, la Réduction des Risques a su montré son efficacité, notamment dans la prévention et la diffusion d'informations vitales aux personnes concernées. Keep Smiling est une association pionnière en la matière.

 

Rien que sur Grrrnd Zero, c'est l'action de KS qui fournit la quasi-totalité du matériel de réduction des risques, par exemple les bouchons de protection sonore, les éthylotests, capotes etc. C'est aussi les flyers de prévention sur le comportements à risques que vous trouvez à disposition à l'entrée. Accompagné.e.s de l'association Serein.e.s, iels ont encore récemment formé des membres du collectif de Grrrnd Zero à la réduction des risques et la prévention contre les violences sexuelles et sexistes en milieu festif, formation que nous souhaitons étendre autant que possible, notamment aux collectifs et assos que nous pouvons accueillir.

Enfin il faut rappeler qu'à la suite des agressions qui ont eu lieu en début d'année, iels ont aussi été des interlocutrices.teurs non négligeables pour nous permettre d'appréhender les phénomènes nouveaux ou recrudescents.

N'hésitez pas à contribuer si vous souhaitez/pouvez, chaque euro est une véritable aide.

Et enfin, n'hésitez à faire circuler l'appel à soutien afin que Keep Smiling continue de réduire les risques en soirées !

 

https://www.helloasso.com/associations/keep-smiling/collectes/alors-que-les-subventions-de-keep-smiling-fondent-comme-neige-au-soleil

Littéralement macher du son avec Galen Tipton

J'ai découvert galen tipton via le label Orange Milk, qui n'a jamais manqué de me surprendre. Voici un album pensé pour être jouer dans ta bouche, pense bien à nettoyer tes outils avant. De rien.

 

 

 

best enjoyed with a speaker up to your open mouth, galen tipton presents "phone mouth music" and invites to experience her music in a unorthodox way
👅📲🎼💋
inspired by tik tok trends utilizing hers and others music in the same way, galen sought out to create sounds specifically for the purpose of being enjoyed inside your mouth
👄🧠👀💥
make sure ur phone is clean and enjoy the tantalizing, stimulating and refreshing take on brain scratch music
💦🥒🔥🥤

include in a purchase stems from each track make ur own brain scratch music or just add some ear candy to ur music

 

s'écoute idéalement avec un haut-parleur dans ta bouche ouverte, galent tipton présente "phone mouth music" et vous invite à faire l'expérience de sa musique de façon pas très catholique.

👅📲🎼💋

inspirée par des courants de modes sur tik tok qui utilise sa musique et celle d'autres de cette manière, galen a cherché à créer des sons spécifiquement pensé pour être appréciés dans la bouche.

👄🧠👀💥 

vérifiez bien que votre téléphone ou autre appareil est propre et faîtes vous plaisir avec ce regard alléchant, stimulant et rafraichissant sur la brain scratch music.

💦🥒🔥🥤

l'album inclue les stems pour faire ta propre brain scratch music ou pour ajouter des bonbons auriculaires à ta musique

URGENT : TONER TONER RECHERCHE UN.E NEGOCIANT.E

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toner toner est construite sous la forme d'une association qui propose des initiations à l'impression riso de façon bénévole. Nous étions jusqu'à présent en contrat avec l'entreprise de duplicopieur RISO avec qui jnous avions négocié, il y a 5 ans, un contrat d'entretien de nos machines en s'engageant sur un volume de copies à l'année. Cela nous permettait de proposer des tarifs très bas et rendre les impressions très accessibles.

Aujourd'hui l'entreprise Riso ne veut plus renouveler notre contrat car elle juge nos machines trop vieilles et nous devons nous refrotter à une négociation qui s'annonce salée !

C'est pourquoi nous recherchons activement une personne ayant des connaissances en négociation afin de pouvoir permettre à tous nos réseaux de communicant underground en place et à venir de continuer d'imprimer en couleur sans se ruiner ! En espérant entendre parler de vous prochainement !

EXCLUSIF : Paper Melody, l'interview choc !

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Le weekend du 24-25, Grrrnd Zero accueille le salon d'édition Paper Melody. On leur a donc envoyé notre reporter Leyzyar V'erbillajge poser quelques questions pour en savoir plus.

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Qui êtes-vous et comment vous est venue cette idée ? Est-ce que c'est la première fois que vous organisez quelque chose comme ça ? Quelles difficultés et quelles facilités s'offrent à vous ? Est-ce qu'il y a des évidences et est-ce qu'il y a des contrariétés ou des doutes ? Quel est votre rapport à la chose collective ? Est-ce que vous vous considérez comme un collectif ou pas forcément ?

On est un groupe de plus ou moins cinq personnes, quatre graphistes et un ingénieur acousticien. Le groupe s’est constitué par affinités et surtout motivation commune. La répartition des tâches et des responsabilités s’est faite progressivement, en fonction du temps dont chacun·e disposait et de ses envies. On ne s’est jamais posé la question clairement de la définition de notre groupe. D’ailleurs, on n’a aucun statut officiel pour le moment, on verra peut-être par la suite.

L’un d’entre nous avait déjà organisé des concerts de musique électronique et des fêtes à Toulouse, mais personne n’avait d’expérience dans l’organisation d’un événement de ce type et de cette ampleur. On y est allé·es un peu en tâtonnant, avec l’aide de nombreuses personnes gravitant autour de GZ et de la Luttine notamment. Elles nous ont partagé leur expérience et leurs connaissances sur le sujet, ça nous a énormément aidé à démarrer. Il y avait aussi eu un début d’orga de salon d’édition il y a un ou deux ans de cela, qui n’avait jamais vu le jour. Ça nous a donné une bonne lancée de lire leur dernier compte-rendu de réunion.

Une grande partie du groupe s’est rencontrée aux beaux-arts. L’école et ses moyens nous ont fortement influencé·es pour penser ce salon. On a aussi organisé une soirée de soutien pour collecter des fonds pour le sal00n. Mais on a vu trop gros, on a eu beaucoup de frais et donc peu de bénéfices. Alors tout le monde avance un peu d’argent de sa poche, ce qui est certainement normal pour le démarrage d’un projet de ce genre. L’autre difficulté a été la gestion du temps, car aucun·e d’entre nous ne pouvait se concentrer uniquement sur le sal00n, on avait toustes beaucoup d’autres projets à gérer et ça n’a pas toujours avancé comme on le souhaitait.

 

 

Est-ce que le salon ça permet pas aussi de créer un foyer, un temps pour plusieurs éléments éparses de se retrouver en présence au même moment quand l'édition et l'espace du livre est peut-être un espace de distance ?

Oui clairement, c’est aussi pour ça qu’on avait envie d’inviter des cantines à proposer des repas et qu’on a prévu des concerts le samedi soir. On avait pensé à ce festival d’édition pour réunir (un certain) écosystème d’édition et ne pas être juste dans du commerce de livres. Les ateliers participent aussi à ça, à créer du lien en mêlant les éditeur·ices, l’orga, les bénévoles et les visiteur·ices. Lorsqu’on sort de l’échelle de la micro-édtion justement, il est plus rare de pouvoir échanger avec les éditeur·ices et les auteur·ices des bouquins qu’on lit et qu’on regarde. C’est ce qui va distinguer une visite dans un “salon” à celle dans une librairie. On aimait bien l’idée du salon-colonie de vacances, donc le terme de foyer s’applique assez bien.

 

 

 

Il va y avoir des ateliers, qu'est-ce qui va se passer ?

Il y aura un atelier traduction avec Yann Trividic, un atelier de gravure sur plâtre avec ZZtoff et un atelier fanzine, dispensé par le groupe d’Envie Pressante et de Béton Roman. Ce sont toustes des exposant·es du sal00n, ou des personnes qui gravitent autour d’elleux, autour de l’impression et du travail du texte.

Il y aura des lancements d’éditions récemment parues, qui donneront certainement lieu à des lectures. Il y aura aussi des concerts le samedi, à partir de 19h.

 

Pouvez-vous présenter les collectifs et maisons d'édition que vous invitez ?

Il y aura une vingtaine de maisons d’édition et de projets éditoriaux français et belges, comme des distros, une fanzinothèque, mais aussi une “librairie des absent·es” où on pourra trouver des bouquins édités par toutes les personnes qui n’ont pas pu faire le déplacement jusqu’à GZ pour l’occasion. Dans l’ensemble, il y a pas mal d’essais, d’écrits politiques, mais aussi de livres avec une attention portée au design, un peu d’illustration et de livres graphiques.

 

Prosaïquement, quelles économies se retrouvent dans ce salon ? On croit savoir que c'est une réflexion qui court le long des maisons d'éditions auto-suffisantes, je pense au livre qui était sorti à la Fabrique sur comment faire un livre mais aussi au fascicule des éditions burn-août. Alors je voudrais vous poser une question sur les conditions matérielles de l'édition, quels espaces ? Quelles machines ? Quelles nécessités ?

Quelles sont vos réseaux de transmissions et quelles sont les voies de distribution privilégiées par les gens que vous invitez ?

Pour construire ce sal00n, on a fonctionné un peu intuitivement dès le début, avec ce qu’on avait de connaissances et de matériel. Nous fonctionnons sur la base du bénévolat et de l’auto-financement. Mais ce n’était pas un critère de sélection pour nos invité·es. Si la plupart d’entre elleux peuvent imprimer dans des ateliers associatifs et diffuser leurs éditions dans leurs cercles sociaux, par le biais d’évènements musicaux et éditoriaux, ce n’est pas le cas de tout le monde. Certain·es travaillent avec des imprimeur·euses professionnel·les, des diffuseurs et sont distribué·es dans de nombreuses librairies. On pourra trouver des éditions à 50 tirages et d’autres à 5000.

Mais finalement, il y a quand même une cohérence dans toutes ces éditions, elles font partie de la même “famille”, dans le sens de réseau de personnes, de valeurs et d’intérêts. D’ailleurs, l’intérêt du salon c’est aussi de devenir un moyen de diffusion groupée.

 

Vous insistez que c'est un festival d'édition et non pas de micro-édition, qu'est-ce qui est important dans cette précision ? Et en tant qu'orga de ce salon quels regards portez-vous sur le DIY et les pratiques qui y sont associées ?

Il y aura de la micro-édition, mais pas que. On est revenu·es sur ce terme de micro-édition parce qu’on a justement eu envie d’inviter des projets d’échelles de diffusion et de fabrication variées. On n’a pas voulu se restreindre d’emblée à l’échelle sous-entendue par la micro-édition.

L’idée de ce salon vient aussi d’un manque qu’on a ressenti à Lyon, où on a pu voir pas mal de salons de fanzine. Bien que les sujets abordés et les manières de les traiter du fanzinat puissent être très diverses, il existe un tas d’autres éditions tout aussi intéressantes et parfois même aventureuses dans des cercles éditoriaux plus visibles. La question du mode de production DIY est extrêmement intéressante, mais on a pas voulu en faire notre ligne directrice pour ce week-end d’édition.

 

 

J'imagine que vous avez déjà dû réfléchir aux relations entre l'édition papier et l'édition numérique ? Je me souviens d'une interview paru dans Libraioli chez SILO qui parlait de l'acte de publication. Que pensez-vous de la façon dont les réseaux sociaux continuent de capter sur internet la fonction de publication ? Je veux dire des fois j'ai l'impression qu'une chose existe parce qu'elle est publiée ou promu via les réseaux, on dirait le journal officiel mais éclatée dans une myriade de chambres d'échos ou centres d'intérêts.

Un constat émerge: ces dernières années, les réseaux sont devenus incontournables, toutes les couches de la société en font usage. Notre attention est sollicitée en permanence, et bien qu’il y ait parfois la possibilité de faire de véritables trouvailles, on reste majoritairement dans un labyrinthe fait de culs-de-sac et de détours.

C’est donc un choix que de se retrouver IRL, pour pallier à une approche immatérielle qui peut être indésirable lorsqu’elle devient normative. C’est aussi une manière de mettre en valeur le postulat de celles et ceux qui ne se retrouveraient pas à travers ces types de réceptions.

Cela dit, le numérique et les réseaux sociaux permettent aussi de nouvelles manières de diffuser l’édition qui ne sont pas à rejeter en bloc. On a par exemple invité le projet Béton Roman, qui est une maison d’édition assez mystérieuse ; malgré son site fourni, aucune de ses éditions n’existe en papier. Il n’y a pas non plus de PDF disponible, comme pourrait le faire Burn Août. On s’est demandé comment ça pouvait exister physiquement dans un sal00n d’édition. Il y a aussi la librairie pirate de Victor, qui donne des pdf d’éditions sur la musique via Instagram. Là on va faire simple, il va nous envoyer une dropbox de ses livres piratés qu’on va imprimer aux beaux-arts et laisser en libre accès.

 

 

On a l'impression avec la catastrophe environnementale, la pandémie et les basculements qui en procèdent, que s'exacerbent à la fois les tensions et les vulnérabilités mais aussi les impératifs pragmatiques, à l'échelle des choses qui nous concerne ici et de nos bibliomanies qu'est-ce que ça peut vouloir dire ?

Même si le contexte actuel est extrêmement violent à plein de niveaux -ou peut-être justement parce que c’est le cas- il nous semble important de conserver des espaces de partage, physiques et intellectuels, de continuer à provoquer des rencontres et de la création. Un projet comme Paper Melody ça n’a pas comme seul but de s’extraire de la “réalité”, mais c’est là aussi pour continuer d’y trouver de l’humanité et de l’intérêt.

 

 

Paper Melody, c'est très joli ! J'avais été frappé l'année dernière dans des lectures de la façon dont la musique ou la musicalité pouvaient être convoqués dès lors qu'il s'agit d'ouvrir la réflexion vers des concordances abstraites ou des harmonies intuitives dures à décrire mais généralement ayant trait au temps. Où situez-vous l'harmonie dans le processus d'édition ? S’il y a une mélodie du papier, comment envisagez-vous les rythmes ?

Merci ! À l’origine, le nom devait seulement être celui de la soirée de soutien en juin dernier, mais il nous a tellement plu qu’on l’a conservé pour le sal00n. Au-delà de la musicalité, la notion d’harmonie peut apparaître à travers différentes étapes du processus éditorial. Elle va se retrouver dans l’ajustement des idées et des perceptions entre les différent·es acteur·ices du projet, puis à l’intérieur de l’ensemble des choix graphiques. On pense une forme en fonction de son contenu, de ce qu’on veut lui faire dire, de là où on veut l’emmener. Tous les choix sont aussi interdépendants, la plupart du temps ils découlent les uns des autres. Le caractère typographique dépend de la grille, la grille dépend du format, qui dépend lui-même du contenu et du type d’objet que l’on souhaite créer. L’ordre de développement n’est pas fixe, mais il y a toujours des rapports d’harmonie.

Le rythme est un autre élément très important dans le processus éditorial. Quand on pense une succession d’images, de textes, parfois de thèmes et d’approches (dans une revue par exemple, ou bien dans un ouvrage collectif) on crée un rythme. Quand on compose une image, une affiche ou autre, la question se pose toujours tacitement aussi. Il faut trouver une cohérence dans l’agencement des formes, des couleurs et des messages.

 

 

Merci !

* : Je pense au livre de Jérôme Baschet sur la Tyrannie du Présent, celui d'Harmut Rosa, Résonnance ou de Jakob Von Uexküll qui traite de Milieu animal et Milieu Humain.

tiens un clip de RAN

que d'aventures :

Hacker Nos Trâmes : 3ème Semaine

Bri au clavier. Lockée dans une pièce sans fenêtre sous néons à coudre des abstractions. Non je ne suis encore devenue maboule.

J'ai fini à peu près douze nouvelles robes (dont une en collab avec Héloïse), j'ai organisé l'atelier et j'ai le roster du défilé, la sceno aussi. Ca va être très formaliste cette affaire : genre, piano, chaises et basta. S'il y a du monde, on mettra des chaises dans l'espace chill et dans les couloirs mais bon là je rêve doucement - déjà si on remplit l'atelier, je serai j o i e.

Ce sera le vendredi 3 juin à 19h. On va faire une perf avec koji, ju à la photo, pis défilé pis mix des amies. On imprime l'affiche en riso demain. Merci Toner Toner <3

On a eu bien chaud ces derniers jours. On a mangé nos premières cerises et j'ai failli foutre le feu à mes collections. Sérieusement. Des fois, c'est comme une vague qui me prend : tout brûler. Parce que, parce que.

Ces robes viennent d'un futur queer, d'un futur qui se chuchote entre adelphes, quand le monde penche trop vite vers l'abîme. On sait le désir, on sait le délié. Porter tout ça, organiser tout ça, faire tout ça avec ces mains qui parfois se dérobent au travail - des fois, on perd espoir.

Mais il y a la lumière au plexus, qui brille, sans faillir. Allez.

Car les robes - miracle, elles tombent pas en morceaux.

Je vous embrasse

bri

 

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