Bien qu'aujourd'hui encore en cryostase, le webzine grrrndzero est toujours là. Il reprend des forces et pourra bientôt battre la campagne comme un fier animal béat courant après ses nouvelles passions éphémères.

La section imagerie rassemble principalement les vidéos de concert de concerts passés. Le plan est de développer un peu cette zone. Qui sait la webdoc-fiction-témoignage-interactif-big-data sur la vie quotidienne de Grrrnd Zero « Tout pour La Cause rien pour les Autres - saison 1 : Crust beer et lingerie fine » sortira peut-être un jour. Et pourquoi pas un live stream de nos sessions cuisine ou du chantier ?

On va essayer de rassembler des liens à la cool dans cette section là aussi. Des sites qu'on aime bien, des projets qu'on jalouse, des trucs à lire à notre place, des images rigolades, ce genre de choses là.  

Les archives chaos sont les archives de TOUT le site depuis les début de gz, par ordre de publication.
Quelques trucs se sont peut-être perdus entre les différentes version du web, mais sinon on archive méthodiquement et tu peux tout explorer.

 

 

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Raymondovision

 

Bon, c’est soit je deviens vieux et con, soit c’est la sagesse qui m’assaille, mais ces derniers temps il m’arrive un peu trop souvent (à mon goût) de penser : "(putain quand même) c’était mieux avant"…
Pas comme si je portais des pattes d’eph’ ou des cols en moumoute, mais un sentiment récurrent qu’aujourd’hui rien ne s’invente, tout se transforme (heu… dans le meilleur des cas)… et c’est triste.

Aujourd’hui, je vais donc vous parler du monsieur en photo, un monsieur né le 10 septembre 1908 : Raymond Scott, compositeur, inventeur et précurseur… et ça fait vraiment froid aux yeux de replacer sa musique dans le contexte des années 50. Waou, rien que d’y penser ça me donne le tournis… (imaginer que Justice sont toujours vivants et Daft Punk font parfois des concerts paraît soudain un violent anachronisme).
À cette époque, le rock’n’roll n’existait pas et les membres de Kraftwerk étaient à l’école primaire… mais un jeune premier issu d’écoles de compositions académiques alimentait déjà la B.O des folles divagations d’héroïnomanes notoires et futurs.

Quand certains se contentent de très mal faire un seul et unique truc, Raymond Scott touche à tout : superhéros de l’illustration sonore (“commercials” et jingles-radio totalement freaks) à l’aube des années 40, dans un registre jazz/music-hall, ses thèmes font l’objet d’un recyclage compulsif agrémentant les plus illustres cartoons de l’époque.

Loin de se contenter d’améliorer considérablement le quotidien de millions d’Américains, Scott expérimente, cherche et trouve les sonorités du futur. Inspirateur de Bob Moog lui-même (inventeur messianique des premiers synthétiseurs analogiques), il développe les premières machines du genre comme cet “electronium” (en photo ci dessus) qu’il met aussitôt en application, posant (avant l’heure est un euphémisme) à peu près tous les jalons de la musique électronique future, cédant bientôt à la postérité un corpus invraisemblable de pièces instrumentales défiant les lois de la chronologie (bon, pour être honnête, ils étaient deux-trois dans ce cas et de prochains posts leur seront peut-être consacrés).


N’empêche que tout est là ! De l’électronica contemporaine aux mouvances les plus expérimentales et hermétiques… comme si le monsieur avait déjà tout inventé avant les années 70 ! C’est tellement saisissant que je vous invite à aller vous faire votre idée propre sur ces plages hallucinantes, tantôt breackcore primitif , électro-ludique ou transe-noise préhistorique. Les pièces maîtresses de son catalogue sont pour la plupart rééditées.

Raymond Scott - Cindy Electronium.mp3

Raymond Scott - The Wild Piece.mp3


à écouter (en priorité) :
> Raymond Scott - Manhattan Research, Inc. [Best of - double CD] (Basta, rééd. 2000)
> Raymond Scott - Soothing Sounds for Baby [Vol. 1, 2 & 3], (Basta, rééd. 1997)

Blu

Blu est un punk italien mal rasé. Il occupe le temps qui lui est imparti sur terre en se consacrant à quatre activités :

 

1) dessiner

2) se balader dans plein de pays exotiques, même les plus sales

3) en profiter pour peindre des fresques gigantesques sur les facades des batiments qui ont le malheur de le croiser.

4) réaliser des films d'animation prestigieux 

Il a eu la très bonne idée de mélanger ses activités 3) et 4), ça donne ça :

 

{vimeo}993998{/vimeo}

 

Oui, ça tabasse. On aura eu au moins 6 minutes 48 de plaisir dans une journée, c'est déjà pas mal. Sur son site blublu.org, on peut mater ses autres films (7 en tout), télécharger les vidéos en haute résolution (participation prix libre), constater que ses dessins sur papier sont pas mal non plus, tout ça quoi.

Il a aussi un ami qui l'aime tellement qu'il a fait un long métrage sur lui, Megunica.

 

ublist #01

Petite playlist pour alimenter son player avec quelques valeurs sûres, et des découvertes du pays d'Obama :

-Teeth Mountain est un groupe de Baltimore, dans la droite lignée des groupes weird-folk-avec-plein-de-drums-chamaniques-à-la-raccoo-oo-oon-et-autres-pocahaunted. Leur premier album éponyme est sortit en cassette chez Night People.

01 Teeth Mountain - Black Jerusalem.mp3

 

-No Neck Blues Band, le groupe New Yorkais proche d'Excepter ou de Volcano the Bear, tendance impro-folk-jam-expé, vient de sortir un double LP Clomeim chez Locust Music. Avec le troisieme titre de cet album (Ministry of voices), NNCK semble invoquer un esprit maléfique à coup de cris gutturaux.

02 No Neck Blues Band - Ministry of Voices.mp3

 

-I.U.D est un groupe de deux batteuses New Yorkaises, copines des Black Dice. Elles n'ont à leur actif qu'un 7", Dead Womb, sorti en 2007 chez The Social Registry, et on attend la suite avec impatience. Avec un nom comme ça, et un titre d'ep aussi explicite, on est pas étonné d'entendre cette premiere face d'ep : FF'in.

03 IUD - FFing.mp3

 

-The Goslings sont composés d'un frère et d'une soeur plutôt bruyants, Max et Leslie Soren. Depuis 2004, ils cumulent les cdr, ont sortit un LP chez conspiracy en 2006 (between the dead) et viennent de sortir Occasion, un album CD, chez les très respectables Not not fun. Le premier titre, Mew nous plonge directement dans un univers lourd et sombre.

04 The Goslings - Mew.mp3

 

-Lightning Bolt on ne les présente plus, mais voici en cadeau bonux un avant goût sonore de notre future vidéo live prrestige, qui sera également accompagnée du bootleg mp3 complet.

05 Lightning Bolt - Live a Grrrnd zero 2008.mp3

 

 

Telecharger la ublist #01

(à décompresser avec winrar par exemple)

 


Le tout et la partie

Dan Friel est le chanteur de Parts & Labors - un groupe pas mal - mais ce qu'il fait de mieux dans la vie c'est du Dan Friel. Ce qui consiste notamment à composer longtemps à l'avance l'hymne de la coupe du monde 2010 : ghost town (mp3)

ou en vidéo :

{youtubejw width="425" height="344"}0wtcmzWC0Qc{/youtubejw}


Ou alors des jingles de matchs de hockey: buzzards (mp3)
Ou même de curling: desert song (mp3)
Bref, des trucs qui excitent la combativité, la rage de vaincre, la sudoration.


Pour les esprits synthétiques que le sport indiffère, on peut noter que son album (Ghost Town) est un plaisant mélange entre Dan Deacon, Lightning Bolt, Black Dice et Europe.

GLASGOW MEGASNAKE

TEENAGE FANCLUB, groupe écossais de pop universelle (comprendre par là totalement affranchie de tout élément esthétique dernier cri) termine actuellement le mixage de son nouvel album (le 12ème), pour une sortie prévue courant mai.

Si la conjoncture des astres est favorable, une tournée devrait suivre.
Et plus improbable, si Saturne se retrouve dans l'alignement Terre-Lune dans la nuit du 23 janvier, on peut même s'attendre à quelques dates en France (rappelons en effet qu'ils n'ont joué dans notre cher pays qu'une fois sur ces dix dernières années, cf. "syndrome Dianogah").

Vous n'imaginez pas le nombre de mails quotidiens qu'on leur envoie pour qu'ils viennent à
Grnd Zero (même s'il faudra sûrement vendre un rein de Julien Dupont ou ma voiture pour payer leur cachet). Vous n'imaginez pas non plus le nombre de réponses qu'on ne reçoit pas.

L'espoir - verbe désignant la production d'un effet particulier - vivre.


Je vous laisse avec un rapide résumé en image mouvantes en cinq points :

TUBE N°1 
www.youtube.com/watch?v=9iuALpEXNlE
 
TUBE N°2
www.youtube.com/watch?v=PAMqJP4VvdE

TUBE N°3
www.youtube.com/watch?v=cT1TIQowx0A

TUBE N°4
www.youtube.com/watch?v=X5FVm5fhGH8

TUBE N°5
www.youtube.com/watch?v=1FHwkZPrJHw

gowns

Gowns, c'est le groupe monté par Ezra Buchla après s'être enfui de The Mae-Shi.

Au début, on était un peu tristes qu'il arrête le punk sauvage extasié pour aller faire un truc de hippie dépressif. En plus, il prenait l'initiative étrange de beaucoup moins se servir de sa voix, alors qu' on adorait ses braillements éraillés. Depuis, Mae Shi est devenu l' ombre honteuse de sa flamboyance passée, et Ezra a montré qu'il est toujours aussi fort, même quand il se consacre à la post-pop-cotonneuse-bruitiste-approximative-snob-blabla. Il avait juste besoin de nous montrer à quel point il est sensible.

Le morceau intense et dramatique que carla bozulich rêvera toute sa vie d'écrire :

gowns - white like heaven

Le morceau pour émouvoir une étudiante étrangère perdue dans un pays dont elle n'arrive pas à maitriser les codes sociaux, elle ne se remet pas d'une histoire d'amour impossible, et elle voudrait vraiment dépasser ça, vivre un truc cathartique, définitif, alors elle écoute cherylee et les cris à la fin l'aident à assourdir le mal, penser à demain et continuer à vivre :

gowns - cherylee (on entend un peu la voix distordue d'ezra, en arrière plan, wou c'est beau)

 

White like Heaven en live (à visionner dans des conditions propices au recueillement) :

{youtubejw width="425" height="344"}2VKhd35Zwrs{/youtubejw}

Oui, la chanteuse on dirait Nico en un peu moins solennelle. Et puis oui, les guitares font aussi penser au Velvet, quand leur vie était encore assez dissolue pour être honnête.

CS, BS, TNV

 

hotcat

CRYSTAL STILTS

de Brooklyn. Encore. La froideur de The Jesus & Mary Chain ou Interpol mélangée à une certaine verve psychédélique. Ca donnerait envie à certaines personnes de taper sur un tambourin avec flegme et affectation. A noter parfois des trémolos dans la voix, à la Jonathan Richman – quand il se met à parler de chaussettes dépareillées ou ce genre de problème. Ce qu'on n'ose pas vraiment se dire, c'est que ça rappelle quand même beaucoup le Brian Jonestown Massacre mais sans l'agitation christique. Ils joueront au Sonic le 8 février.

Crystal Stilts (sur Alight of night)
Departure (pareil)


BIRD SHOW

un peu genre Lucky Dragons - un post fort attendu sur Lucky Dragons permettra d'éclaircir cette éloquente comparaison. Ca pourrait presque passer à Nature & Découvertes, si seulement on n'avait pas le toupet d'y vendre des bougies parfumées à 19€. Sur scène ils sont plusieurs mais c'est essentiellement le projet d'un homme qui a sûrement des problèmes relationnels avec sa mère. Sur disque, c'est plein de bruits d'oiseaux et d'insectes, de drones, de percussions chétives, d'instruments trop fatigants à identifier. Ça ranime l'atmosphère de ces dimanches après-midi de printemps passés à acheter des plantes grasses et des graines pour poisson rouge à Jardiland.

Beautiful Spring (sur Lightning Ghost)
Land lovers (sur Green Inferno)


TIMES NEW VIKING


Pas d'anecdote crypto-proustienne à raconter qui soit aussi bouleversante que cinq lignes plus haut. Si: le jour où j'ai brusquement soupçonné un lien entre Times New Viking et Times New Roman, la fierté a inondé mon corps. En gros, ils font du punk-garage lo-fi et élémentaire (le batteur, le guitariste et la fille braille derrière sa frange, devant son synthé). Le son est sale comme des semelles de vieilles baskets mais c'est aussi plaisant que de porter de vieilles baskets.

Imagine Dead John Lennon (sur Present the Paisley Reich)
Lion & oil (sur Dig Yourself)

hotdog

Pinocchio de Winshluss

pinocchio_couv

Pinocchio, c'est la nouvelle bd de WINSHLUSS (à qui l'on doit déjà super negra, monsieur feraille, smart monkey, et d'autres trucs cools chez les requins marteaux). Derriere une couverture classieuse qui fait penser à du chris ware, on trouve près de 200 pages complétement dingues qui revisitent le conte de pinocchio à la sauce bien trashy de l'auteur. Pinocchio a été prépublié en partie dans la revue feraille dès 2003. On note une absence quasi totale de texte qui n'empêche pas la narration d'être très fluide, comme dans Smart monkey. Les aventures du petit pinocchio sont vite transposées du monde des gentils enfants vers un univers adulte : frasques irrévérencieuses, détournement des codes des contes traditionnels, références chafouines à des films disney, séries B/Z ou d'autres bd, avec, comme toile de fond, une critique bien vénère des tares de la société moderne.
Graphiquement, c'est superbe. Winshluss utilise différents styles selon les points de vue narratifs, passant du crayonné pour les passages avec jiminy (ici un cafard SDF qui vient squatter le crane du héros) à la couleur pour pinocchio (enfant-robot, tout en feraille bien entendu), à la peinture pour les pleines pages, et jusqu'au sépia pour les petites histoires parallèles (qui finiront toutes par se recouper à un moment ou un autre).
Bref, cette BD est superbe, largement la meilleure BD francophone que j'ai eu l'occasion de lire ces douze derniers mois. Un peu cher, 30€, mais elle les vaut bien. Et puis bon, c'est pour les requins marteaux, ces rmistes magnifiques le méritent grandement !


L'actu de Winshluss, c'est également une certaine reconnaissance de ses travaux. Il a même droit à une expo lors du prochain festival d'Angoulème. Il était temps, cet auteur à part dans le paysage francais rempli de cases et de bulles était vraiment trop confidentiel. Mais bon, sa participation sous son vrai nom (Vincent Paronnaud) à la co-réalisation de l'adaptation ciné de Persepolis de Marjane Satrapi (présenté à cannes, douze milliards de spectateurs, deux césars et une nomination aux Oscars) n'est sans doute pas étrangère à cet engouement soudain.

Pinocchio chez les requins marteaux

Winshluss à Angoulème


Quelques planches, vidéos et interviews dans lire la suite

Lire la suite : Pinocchio de Winshluss

GRND MAGAZINE

Le magazine GZ est un peu moribond mais c'est qu'une bonne partie de ses rédacteurs talentueux ont ouvert un vrai webzine qui bute. Cela se nomme AMOUR & DISCIPLINE et on ne leur en veut pas d'être partis car ce qu'ils ont créé est sûrement l'un des meilleurs magazine numérique du monde.
logo_principal

Le site d'AMOUR & DISCIPLINE est tellement balèse qu'il est principalement en anglais. Néanmoins, vous pourrez y trouver des tonnes de chroniques, interviews, playlists, ..., rédigés par plein d'activistes, des labels, et artistes différents. C'est un peu comme altered zones mais avec du panache, de la classe, de l'humour et cette folie devenue si rare de nos jours : l'optimisme.
Car ce n'est pas qu'un webzine noyé dans le flux. C'est aussi un projet ambitieux et digne, qui nous sauvera tous un jour des DRM et du flicage de l'écoute numérique. Lisez-donc leur spectaculaire et enthousiasmant manifeste.


Quant au magazine Grrrnd Zero, il n'est pas mort non plus. On en reparle plus tard, oui. 



A LA UNE

GRRRND RADIO

RadioGZ

Un arc-en-ciel planté dans le béton.

1001 chansons offertes par les groupes qui ont joué à GrrrndZero.

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