Soutien
Jérôme Noetinger, musicien, Rives PDF 
Écrit par Jérôme Noetinger   
Jérôme Noetinger
www.metamkine.com
www.revueetcorrigee.net

Lettre de soutien au Collectif Grrrnd Zero, 40 rue du Pré-Gaudry, 69007 Lyon

à Gérard Collomb
Mairie de LYON
1, place de la Comédie
69205 Lyon cedex 01



Et si la France s’éveillait


Rives, le 14 février 2012

Le Collectif Grrrnd Zero est menacé d'expulsion et donc de cessation d'activités (trop nombreuses à décrire ici). En tant que musicien, directeur d'un catalogue de distribution de disques (Metamkine) et membre du comité de rédaction du magazine Revue & Corrigée, et tout simplement citoyen - pour parler votre langage pré-électoral - je suis atterré d'une telle menace. C'est tout un travail de diffusion et de création qui est condamné, tout un tissu de liens locaux, nationaux et internationaux, menacé de disparition.
Et pourquoi ? Pour simplement répondre au diktat d'un fascisme financier qui sous couvert de représentation, ne pense qu'à l'intérêt d'un petit nombre au mépris de la différence.

Différence, diversité, exception culturelles, grandes formules que vous utilisez facilement sans jamais les appliquer.

Comment se fait-il qu'une ville comme Lyon ne puisse pas voir un espace alternatif comme Grrrnd Zero exister sur le long terme ?
Je suis dans la région grenobloise depuis 1986 et depuis cette date, j'ai oublié le nombre d'initiatives similaires qui ont été sabordées par les pouvoirs municipaux lyonnais.

Un jour votre ville sera tellement triste et formatée que seuls les bureaucrates et les grandes compagnies financières seront heureuses d'y résider.

Votre mépris et votre arrogance peuvent finalement être interprétées comme un signe de peur devant des démarches autogérées échappant à vos catégories administratives.

Et si un jour la France s'éveillait, elle vous botterait le cul.

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Jérôme Noetinger
 
Ernesto G., Silvester Anfang, Belgique PDF 
Écrit par Ernesto G.   

Messieurs,

Je m'adresse à vous pour manifester mon mécontentement vis-à-vis l'intention d'expulser le collectif GRRRND ZERO. Face à cette nouvelle, je me sens très déçu par la manière comment seulement certains acteurs de la culture, d'habitude plus conventionnels et avec des liens plus étroits avec la sphère politique, sont favorisés, alors que d'autres, tels que GRRRND ZERO, sont de plus en plus mis à l'écart pour des raisons qui semblent m'échapper. Je ne comprends toujours pas pourquoi un collectif qui veille aux normes de sécurité, au respect du voisinage, qui abrite des diverses endroits d'exposition et de création, qui réutilise des infrastructures abandonnées et oubliées, qui soutien des propositions ignorées par le grand public et surtout, qui fait de votre ville un endroit unique, doit être expulsé de son foyer actuel et se voir obligé à recommencer de (ironiquement) zéro. C'est déjà assez difficile de réaliser les projets de telle envergure d'une façon véritablement alternative, alors pourquoi en ajouter encore une couche?

J'habite en Belgique et je fais de la musique expérimentale depuis presque 7 ans. J'ai eu l'occasion de visiter les installations de GRRRND ZERO lors d'une tournée en Europe durant le printemps 2010. J'ai eu la chance de pouvoir jouer ma musique dans des endroits très divers : galeries d'art, bars/cafés, salles de concert "professionnelles", squats, maisons, espaces à l'air libre, ... et une de mes expériences les plus mémorables reste sans doute le temps que j'ai passé à GRRRND ZERO. La première chose qui m'a percuté lors de ma visite était le degré de responsabilité avec laquelle l'équipe de GRRRND ZERO réalisait ses activités: de la maintenance et aménagement des salles à la programmation et déroulement des concerts, tout était fait avec un dévouement et soin digne de n'importe quelle institution culturelle "sérieuse". Il suffit de regarder les affiches qui décorent les murs de l'endroit pour se rendre compte que GRRRND ZERO n'est pas un ensemble d'amateurs. Quel organisme peut proposer des espaces de répétition, réaliser des ateliers, maintenir un bâtiment entier et organiser près de 30 concerts annuels de tous les genres confondus et de façon complètement autonome? A part un haut degré de responsabilité, pour réaliser ce type de tâche il devient apparent pour moi qu'il faut quelque chose qui semble manquer chez la majorité des acteurs du secteur : une véritable ouverture d'esprit. GRRRND ZERO ne cherche pas à satisfaire un seul public niche, GRRRND ZERO cherche à valoriser l'art, point. Et surtout l'art sous le radar. Sans des instances comme celle-ci, pouvez-vous vraiment parler d'une scène culturelle riche et diversifiée? Je ne pense pas.

Tout ce que nous vous demandons est simple : laissez GRRRND ZERO continuer à utiliser leur foyer pour le bien qu'il est en train de faire et qu'il fait depuis tellement de temps. N'entravez pas l'effort de ces individus qui luttent pour donner à la société quelque chose de différent.

Cordialement,

Ernesto G.

 
Gilles Poizat, musicien, Lyon PDF 
Écrit par Gilles Poizat   
Gilles Poizat

Lyon, le 23 janvier 2012

A l’attention de Gérard Collomb, maire de la ville de Lyon
et de Georges Képénékian, adjoint à la culture.


Messieurs,

Originaire de Lyon, je n'y habite à nouveau que depuis 2 ans, après avoir passé 20 ans ailleurs. Je suis musicien professionnel, travaillant avec d'autres musiciens qui n'habitent pas Lyon et n'ai donc pas besoin d'être à Lyon pour mon métier. Un des arguments qui m'a fait revenir à Lyon est sa vie culturelle et, notamment, sa scène alternative, les expérimentations artistiques, la découverte dans une même soirée de groupes locaux et internationaux hors-normes, les lieux de convivialité autour de cette musique, les croisements avec d'autres formes artistiques (arts plastiques, vidéo,...). En bref, vous l'aurez je l'espère reconnu : le Grrrnd Zéro est pour beaucoup dans mon choix de venir m'installer à Lyon.

Je ne peux pas imaginer que l'équipe municipale ne puisse pas reconnaître dans l'activité du Grrrnd Zéro un atout important pour la ville de Lyon. Lyon est connu internationalement pour sa scène alternative tant du point de vue des groupes lyonnais (dont beaucoup répètent à Grrrnd Zéro), des labels lyonnais (dont certains ont leurs bureaux à Grrrnd Zéro), que du point de vue de la programmation de concerts. Grrrnd Zéro fait partie des rares organisateurs de concerts qui ont réussi, au fil des années, à rassembler un public curieux de venir découvrir des groupes qu'ils ne connaissaient pas avant. Comment la ville de Lyon pourrait-elle passer à côté de cette énergie incroyable déployée par des passionnés qui créent du lien entre les gens, qui rendent vivants les liens entre les propositions artistiques hors-normes et le public, qui permettent à des groupes du monde entier de venir jouer à Lyon et au public d'y avoir accès sans que le prix de l'entrée soit prohibitif ? Depuis l'interdiction d'organiser des concerts aux locaux de Gerland, cette énergie se disperse et les concerts hors-les-murs ne peuvent réunir ni les mêmes ambiances, ni les mêmes conditions d'accueil des groupes et du public. Déjà, la vitalité culturelle de la ville s'en ressent.

Il en va de votre responsabilité, en tant qu'élus municipaux, de ne pas laisser se dissiper cette force locale faisant de Lyon une ville qui, à côté de ses grandes manifestations culturelles prestigieuses (Biennales, Opéra, ONL, Nuits sonores, Subsistances,...), propose aussi une scène alternative où se croisent, tout au long de l'année, les propositions d'artistes locaux et internationaux, devant un public lyonnais et au-delà (quand j'habitais dans le Bugey, je faisais 3h de voiture aller-retour pour une soirée Grrrnd Zéro). Je demande à l'équipe municipale de mettre ses compétences et sa volonté politique au service de la recherche d'une solution pour que Grrrnd Zéro puisse continuer l'ensemble de ses activités dans un lieu unique.

En vous priant, Messieurs, d'agréer mes sincères salutations,

Gilles Poizat
 
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