|
Écrit par Marianne S.
|
Monsieur,
En septembre, j’ai été sidérée d’apprendre que Grrrnd Zero a reçu une dédite de ses locaux de Gerland, reportée depuis à début 2013 et qu’il est interdit d’y accueillir du public d'ici là. Ce collectif est pour l’instant réduit à organiser ses concerts hors les murs, en attendant de pouvoir reloger toutes ses activités.
J’habite à Lyon depuis vingt-trois ans et j’aime ma ville. Je vais dans des musées, des galeries, des théâtres, et j’aime également écouter des concerts à Grrrnd Zero. Ce sont parfois des groupes que je connais et que je suis heureuse de voir passer à Lyon, parfois des groupes que je n’ai jamais écoutés et que j’ai la chance de découvrir. Et je ne suis jamais déçue, tant que par la qualité des concerts que par l’exigence artistique de la programmation. Grrrnd Zero participe pleinement à l’aura culturelle de cette ville riche et intéressante.
Grrrnd Zero a la particularité d’être un lieu de création et de diffusion. Il s’agit de création à plein temps et non des habituelles « résidences artistiques » épisodiques : une quarantaine de groupes de musique, mais également des artistes touchant à la vidéo, la photo, la sérigraphie ou encore la couture. C’est-à-dire une circulation et un brassage quotidiens d’idées, d’expérimentations et de visions du monde. Loin d’être subsidiaire ou inutile, c’est une nécessité.
Ce qui fait une ville, et en particulier une grande ville comme Lyon, ce sont ceux qui l’habitent, ce sont les projets et l’action de la multitude d’associations qui y vivent. Nous avons tous appris à l’école la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité ». On pourrait y ajouter la pluralité. La pluralité, c’est la possibilité d’existence de cultures déviantes, marginales ou alternatives aux productions culturelles instituées, attendues ou prêtes à consommer. La pluralité, ce n’est pas une soustraction (ou… ou…) mais une addition (et… et…) : tout comme les entités culturelles plus habituelles, le projet défendu par Grrrnd Zero doit avoir sa place à Lyon, et cela passe obligatoirement par un lieu où il pourra s’épanouir et se développer. La Ville de Lyon, en tant qu’opérateur principal et privilégié sur le territoire, doit agir avec Grrrnd Zero pour trouver ce lieu et permettre son investissement.
Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de ma considération.
Marianne S. |
|
|
Écrit par Denis B.
|
|
Messieurs,
Je suis né à Lyon il y a exactement 29 ans. Je n'ai jamais quitté cette ville que j'aime, pour de multiples raisons. Cependant, pendant bien des années, j'ai maudit la pauvreté de l'offre de concerts dans notre ville. Quelques lieux, très rares, ont bien tenté de faire vivre une scène musicale indépendante. Cependant, leurs durées de vie ont toujours été bien courte.
Depuis quelques années un collectif stable a réussi à faire vivre non seulement cette scène indépendante sur Lyon, mais aussi une entité culturelle plus vaste. Hors des circuits habituels, hors des circuits commerciaux, hors de tout ce qui rend un concert invivable ailleurs (tarifs à l'entrée, tarifs des consos, services de sécurité agressifs...). Ils ont même réussi à faire vivre les murs de mon bel arrondissement (le 1er) par autre chose que des annonces pornographiques et des soirées miteuses ou hors de prix (ou les deux). Leurs affiches sont une part inhérente de mon quotidien.
J'ai vu certains de mes plus beaux concerts grâce à eux. A Silver Mount Zion ne vous dit peut être rien, mais j'ai encore les larmes aux yeux en repensant à l'enchantement du God Bless Our Dead Marines final.
Je n'ai rien contre la culture officielle. Les Nuits Sonores sont une franche réussite, par exemple. Je n'ai rien contre les salles officielles, mais leur programmation est le plus souvent bien éloignée de mes goûts musicaux. Je pense seulement que la culture ne doit pas être uniquement officielle. La création a besoin d'espaces originaux, marginaux et décalés.
Grrrnd Zero a déjà été viré du magnifique Rail Theatre. S'il perd Gerland sans la possibilité de disposer d'un nouveau lieu réellement équivalent, il va rejoindre la longue liste des lieux dont je parlerai avec nostalgie.
En 2001 comme en 2008, j'ai voté pour vous car je suis bien conscient de l'importance du vote face à la droite. Normalement, rien ne me ferait changer d'avis. Ni le quartier Confluence, pourtant fort bien parti pour se transformer en Cité Internationale plus chère, ni la transformation du 8 décembre en attraction touristique, ni l'absence de politique courageuse au niveau des transports urbains (je parle des tarifs exhorbitants, bien sûr). Pas même la politique sécuritaire. Cependant, si vous laissez mourir la culture indépendante lyonnaise, alors qu'elle ne vous ne demande rien de plus qu'un espace libre dans votre urbanisme toujours plus aseptisé, je dois avouer que l'écoeurement serait grand.
Messieurs, laissez vivre la culture alternative et indépendante à Lyon.
Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Messieurs, à l’assurance de ma considération.
Denis B. |
|
Écrit par François M.
|
François M.
A l’attention de MM. Gérard COLLOMB – Maire de Lyon Georges KEPENEKIAN – Adjoint à la politique culturelle
Objet : Soutien à la demande de local pour Grrrnd Zero Monsieur le Maire, Depuis 2001 et sous votre impulsion la politique culturelle de la Ville de Lyon s’est transformée. Elle est aujourd’hui remarquable par son rayonnement national et internationalgrandissant. Cette politique ne saurait cependant se limiter à l’organisation de grandes et prestigieuses manifestations ponctuelles (Biennales de danse et d’art contemporain, Nuits Sonores, Fête desLumières, Festival Lumière), elle doit également innerver la cité quotidiennement, à l’échelle du quartier et dans toute sa diversité. Depuis sept ans Grrrnd Zero fédère une trentaine d’associations lyonnaises promouvant des cultures « alternatives » : l’ancien local du collectif sis à Gerland abritait ainsi bureaux, salles de répétition et de concert, atelier de sérigraphie… Or depuis janvier 2012 Grrrnd Zero ne dispose plus de lieu fixe, ce qui remet en cause le fondement de son activité. Aussi est-ce au nom de l’effervescence culturelle, différenciante et pérenne de notre ville qu’il m’apparait indispensable que Grrrnd Zero retrouve un local à part entière avec l’aide de la Ville de Lyon. La centaine d’événements (concerts ou expositions) organisée par le collectif en 2011 a attiré plus de dix mille spectateurs ; elle démontre un réel engouement public pour ces manifestations, dont le caractère « avant-gardiste » constitue sans nul doute le terreau des grands courants artistiques de demain. Lyon est ma ville de cœur et d’origine. La recherche d’un nouveau local pour Grrnd Zero doit faire partie de vos préoccupations, car c’est à travers la diversité de la politique culturelle de la Ville de Lyon que je suis fier d’en être le citoyen. Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Maire, à l’assurance de ma considération. François M. |
|
|
<< Début < Précédent 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Suivant > Fin >>
|
|
Page 7 sur 12 |